
mercredi 15 septembre 2010
Se livrer à soi-même

dimanche 9 mai 2010
Miettes sonores du dimanche soir
Il se leva subitement, et contrairement à son habitude, s'empara des assiettes presque vides, acheva d'en évacuer les déchets dans la poubelle et les empila sans précautions sonoressamedi 20 février 2010
A la place d'elle
Aline avait une grand-mère extra-ordinaire, Adèle. Elle avait eu 7 fils, dont le père d'Aline. Lorsque Aline est née, première fille après 5 frères, sa grand-mère connut enfin l'essence de la transmission, en partageant ses secrets de femme avec cette petite fille, issue d'elle. Elle affectait de garder Aline dès que l'occasion se présentait, ce qui permit à Aline d'être initiée très tôt à la vie d'Adèle et aux leçons qu'elle avait cru pouvoir en tirer. Parmi ces leçons, la leçon principale, la leçon n°1, LA leçon :dimanche 10 janvier 2010
L'eau de là.
Lorsque Juliette se perd dans les injonctions (fais ci-fais ça), se vide d'humour (pas-ci, pas-ça), que sa vie s'embrouille(pas-fais, ça-ci), que les soucis emplissent son sommeil de longues pauses en plomb, que son sourire ne quitte plus les vestiaires, que les idées noires colorent ses rêves de brumes opaques, elle trouve parfois le chemin de l'eau, guidée par je ne sais quel souffle puissant, comme un poême murmurerait à l'oreille fatiguée, une ode à l'envie de vie.dimanche 27 décembre 2009
La punition selon Jeanne
Il était une fois, Mademoiselle Mersauter, institutrice de Juliette, en classe de CM1. Du haut de sa taille de petite fille de 9 ans, Juliette avait constaté que cette vieille demoiselle avait de très très grosses fesses et, par l'intermédiaire d'un dos extrêmement cambré, une énorme poitrine qui semblait venir en contrepoids . Afin d'assurer l'ordre et la sécurité lors des déplacements dans l'école, Mademoiselle M. avait organisé des colonnes d'élèves, chacune ayant une place immuable dans le rang. Suivant le protocole idoine, Juliette tenait son poste au premier rang du cortège, avec sa camarade Laurence. Melle M. quant à elle, guidait sa troupe en tête de file en se dandinant lourdement. En gravissant les escaliers, le balancement régulier de la masse grasse et flasque à mesure de l'ascension des marches, devenait menace. Laurence et Juliette, de façon prudente, laissaient entre l'institutrice et elles une distance de sécurité de quelques marches, et progressaient lentement car Melle M. souffrait de difficultés respiratoires. dimanche 20 décembre 2009
La mariée de papier
A l'occasion de leur 40ème anniversaire de mariage, Edgar et Gerda m'ont commandé une création personnelle, sur le thème des épousailles, des très longues épousailles. Gerda et Edgar ont vécu ensemble si longtemps que jamais je n'arriverai à fêter cette étape, même si j'avais l'audace de convoler demain. L'histoire m'ayant confirmé, hélas, à plusieurs reprises mon incompétence sur le thème, je me sentais, à priori, dans un état d'esprit confus, brouillon, maladroite dans ce projet. Incertaine du résultat, j'étais pourtant prête à vivre l'expérience.
J'ai trouvé un morceau de planche, fragment d'une étagère déclassée qui pouvait être mon premier élément de base et semblait approprié pour servir de support à mes divagations. Je me suis installée par terre, comme j'aime l'être : au sol. J'ai étalé autour de moi des matériaux divers qui pouvaient m'être utiles dans la tâche, des composants qui me sont familiers : des papiers, des catalogues, des tissus, rubans, de l'acrylique, de la colle, des pastels, des bouchons, des morceaux de miroirs, quelques pinceaux... La mémoire ne me fait pas défaut lorsque l'émotion domine, voici donc ce dont je me souviens..
J'ai ébauché un tableau de matières collées
Sur le thème imposé du mariage :
La fiancée, au crayon à peine esquissée ,
Disparu sous les lambeaux déchirés des pages.
Affublée d'une robe de dentelle ancienne
parsemée de bris de miroirs aux alouettes
De larmes de peine, de fragments de porcelaine
De grains de poivre noir, de poudre d’escampette,
Ses diverses strates furent fixées au vernis-colle.
Pour juger l'ouvrage, je me suis levée du sol.
La composition était lourde. L'effet grossier
peinait à confirmer au thème son intérêt :
Epousée pour la vie, la princesse éphémère
était affublée d'une pesanteur outrancière,
J'éprouvais une folle envie de tout arracher
Ce que je fis. Sous les épaisseurs des matières,
La fine esquisse au crayon graphite émergeait
Dans les égratignures du carton agressé.
Je tenais sous la pulpe de mes doigts caressants,
La dernière mariée, celle qui m’avait échappée.
lundi 14 décembre 2009
A l'origine
Juliette est née dans les Vosges, à Saint-Dié, dont les habitants sont les très précieux déodaciens. Ses parents, alors qu'elle n'avait que 6 mois, ont migré vers l'Alsace. Il suffisait de passer un col pour quitter la France de "l'Intérieur", et sa profondeur. De l'autre côté, l'Alsace cette zône de France dont on doute, selon l'époque considérée, qu'elle soit française. La frontière fut donc définitivement franchie le 6 décembre 1972 par le col du bonhomme, et Juliette commença ainsi sa deuxième vie, celle qui détermina quelques combats futurs, la propulsant ambassadrice de la choucroute, défenderesse des manalas et disciple plus ou moins assidue de l'organisation (achchchchhhhh, l'orkanizassion).